Comité de soutien pour le respect des droits de Robert Arricau


Article 9 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948 :
Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé.

Les faits et les dernières informations

  • En noir, les informations concernant directement Robert.
  • En gris, les informations indirectement liées.

03 octobre 2004

Arrestation de l'un des frères et de la belle-sœur de Robert Arricau (militant d'Anaram Au Patac et de plusieurs associations culturelles occitanes) à Salies-de-Béarn dans le cadre d'une affaire concernant la location d'un logement à deux supposés membres d'ETA.

Mardi 30 novembre 2004 au matin 2004

Arrestation de Robert à Pau. Transfert à Bayonne.

Mercredi 1er décembre 2004

Premiers articles dans la presse. Son nom, son adresse, son métier sont étalés sur la place publique. Négation de la présomption d'innocence. Communiqué de presse d'AAP de soutien à Robert.

Jeudi 2 décembre, vendredi 3 décembre 2004

Garde à vue.

Samedi 4 décembre 2004

Fin de la garde à vue. La Police dit à la famille que Robert est placé en détention administrative, ce qui est faux, cette mesure n'existant pas pour ce type d'affaire. La Police indique que Robert n'est plus à Bayonne, mais ne dit pas où il a été transféré. La famille apprendra qu'il est à Paris par la presse.

Lundi 6 décembre 2004

Le greffe du cabinet de la juge d'instruction chargée des affaires terroristes, Marie Antoinette Houyvet, refuse catégoriquement de donner toutes informations à la famille sur l'état de santé de Robert et sur le lieu d'incarcération.

Mardi 7 décembre 2004 matin

Même situation, même blocage.

Mardi 7 décembre 2004 après-midi

Aucune nouvelle de Robert. Ni le greffe du Tribunal de Paris, ni les secrétariats des différentes prisons de la région parisienne n'ont de traces de Robert. Vrai ou faux, cette situation laisse la famille et les ami-es de Robert dans le doute. Communiqué de presse d'AAP dénonçant la situation et appelant à un rassemblement de soutien le lendemain soir.

Mercredi 8 décembre 2004 à midi

La famille reçoit une lettre de Robert écrite de la Maison d'Arrêt de Bayonne le 6 décembre dernier, alors qu'elle le croyait à Paris ! Il a été impossible de vérifier que Robert y soit toujours, la famille s'étant fait raccrocher au nez en téléphonant. Dans le même temps, la presse espagnole annonce que Robert sera " prochainement transféré à Paris et mis à disposition de la justice ".
Dans sa lettre, outre des éléments intimes à la famille, Robert dit qu'il va bien (le 6 décembre) et rien de précis sur sa situation. Cela laisse craindre des pressions, en particulier psychologiques, énormes. En plus de ces doutes, la famille et les ami-es de Robert restent dans la même situation : aucune nouvelle précise sur le lieu de détention, le motif, sa santé, s'il a un avocat ou pas…

Mercredi 8 décembre 2004 soir

Le rassemblement de soutien sous le thème "On ei lo Robert ? Où est Robert ?" réuni plus de 50 personnes devant la préfecture de Pau. Communiqué de presse d'AAP appelant à une réunion de création d'un Comité de Soutien.

Jeudi 9 décembre 2004 après-midi

La famille n'a toujours aucune nouvelle. Une information au conditionnel parue dans la presse situe Robert à la prison de la Santé. En appelant sur place la famille n'a pu obtenir aucune confirmation. Lors des nombreux appels téléphoniques, une fonctionnaire du Parquet de Paris a expliqué qu'il ne s'agissait pas d'un problème de compétences, mais de droit. Il semble que la consigne de silence et de blocages des informations concernant Robert émane directement du Ministère de la Justice pour "raison d'Etat".

Jeudi 9 décembre 2004 soir

Réunion de constitution d'un Comité de soutien à Robert.

Vendredi 10 décembre 2004

Aucune nouvelle. La presse situe Robert à la prison de la Santé, la famille se voit refuser toutes informations en appelant sur place. Première action du Comité de Soutien à Pau lors d'un colloque sur la Paix. Remise d'un document à Danielle Mitterrand.

Samedi 11 décembre 2004 à midi

Toujours aucune information. Distribution d'un tract informatif au Salon Asphodèle.

Dimanche 12 décembre 2004

Pas de nouvelle. Le Comité de Soutien à Robert exige que la justice prenne contact avec la famille et lève le voile sur cette affaire et la disparition depuis samedi matin de Robert.
Cette situation bafoue la dignité et les droits élémentaires de Robert.
Un exemple : depuis 13 jours aucun vêtement propre n'a pu lui être transmis.

Lundi 13 décembre 2004

On a retrouvé Robert ! Après 13 jours, par ses propres moyens, la famille l'a retrouvé. Il est incarcéré à la prison de Tours, information confirmée par cette Maison d'Arrêt. La "justice" ou l'hypothétique avocat n'ont toujours rien transmis comme information sur Robert.

Mardi 14 décembre 2004

Toujours aucune nouvelle directe de la part de la justice ou de l'hypothétique avocat.

Mercredi 15 décembre 2004 midi

Même situation. La famille a reçu une lettre datant du 13 décembre et envoyée de Tours. Robert y dit qu'il va bien et demande des vêtements. En dehors de ça, elle ressemble à celle du 8 décembre.

Mercredi 15 décembre 2004 soir

Deuxième réunion du Comité de soutien.

Jeudi 16 décembre 2004

Toujours aucune nouvelle officielle. Deux autres frères de Robert et Didier sont convoqués et entendus par la Police Judiciaire de Bayonne.

Vendredi 17 décembre 2004

La famille reçoit une lettre de Robert où il donne le nom de son avocat : Maître Ohannessian du barreau de Paris. Elle tente de le contacter mais il ne répond pas. Il s'agit d'un avocat commis d'office choisi par Robert sur une liste proposée par la juge. Dans sa lettre Robert dit qu'il est en bonne santé, mais des doutes subsistent sur sa santé morale. Le Comité de soutien pour le respect des droits de Robert met en ligne un site internet : http://perso.wanadoo.fr/libertat-ta-robert

Lundi 20 décembre 2004 midi

Toujours aucune nouvelle de l'avocat malgré cinq appels de la famille. Conférence de presse du Comité de soutien.

Lundi 20 décembre 2004 après-midi

Premier contact avec l'avocat suite à un nouvel appel d'un membre de la famille. Pendant la garde à vue de 96 heures Robert aurait fait des déclarations en citant des noms. Déclarations fondées ou non, ce qui est impossible à savoir.

A la sortie de la garde à vue, Robert, extrêmement choqué, a pris un avocat commis d'office sur la liste présentée par la juge.

L'avocat lui a conseillé de rester silencieux lors de la première rencontre avec la juge, au vue de son état de très grande fatigue.

Lors de la deuxième rencontre l'avocat lui a dit qu'il avait le droit de garder le silence de nouveau. La juge lui a par contre dit que s'il parlait cela irait plus vite pour lui. Convaincu, il a de nouveau confirmé une grande partie de ses déclarations.

L'avocat n'a pas contacté la famille, Robert ne se souvenant même plus du numéro de téléphone de sa mère. Ensuite, l'avocat était à l'étranger, il n'a donc pas pu faire de recherches d'après ses dires. Il est étonnant qu'en 20 jours un avocat n'arrive pas à joindre une famille en connaissant son nom et son adresse...

L'avocat a vu le dossier de Robert mais ne l'a toujours pas en sa possession et compte l'avoir dans une dizaine de jours. Sans compter les fêtes de fin d'année.

Les nombreuses déclarations de Robert l'ont placé dans une situation complexe.

Tout cela nous fait craindre pour la santé de Robert, et principalement psychologique. Il est depuis le début en état de faiblesses et à la merci de toutes les manipulations et pressions.

Face à cette situation de faiblesse de Robert, il est urgent qu'il reçoive la visite d'une personne de sa famille afin de reprendre pied.

Mecredi 22 décembre 2004

Libération de Didier, le frère de Robert arrêté le 3 octobre. Celà laisse présager, on l'espère, une libération rapide de Robert. Malgré tout, il va certainement passer les fêtes de fin d'année en prison, loin de sa famille et de ses ami-es. il recevra quand même un colis de Noël : Joyeux Noël Robert...

Réunion du Comité de soutien.

Jeudi 23 décembre 2004

Communiqué de presse de soutien de la CNT de Limoux.

Vendredi 24 décembre 2004

Rencontre de Robert avec l'avocat commis d'office. Robert l'informe qu'il souhaite changer d'avocat.

Lundi 27 décembre 2004

Communiqué de soutien du Comité Chiapas de l'Aude.

Lundi 3 janvier 2005

Maître Blanco, avocat de Pau, reçoit la lettre, datée du 24 décembre de Robert, lui demandant de prendre en charge sa défense. Robert ne souhaite pas que l'avocat commis d'office continue à suivre le dossier. Le premier avocat demande 1 196 euros d'honoraires pour ses premières démarches. Robert paye la moitié de cette somme, le Comité l'autre moitié. Un dossier d'aide juridictionnel pour Robert est en cours de réalisation.

Mardi 4 janvier 2005

Réunion du Comité de Soutien.

Mercredi 5 janvier 2005

Première visite d'un membre de la famille à la prison de Tours. Robert semble fatigué. Il a dit à son frère le motif d'inculpation : soutien logistique à deux membres (supposés) d'ETA pour l'acquisition d'une location.

Vendredi 7 janvier 2005

Reportage de France 3 Pau Sud sur le Comité de soutien.

Mardi 11 janvier 2005

Communiqué de soutien des associations Carnaval Pantalonada, Festival des Bandas de Condom et Printemps des Tournesols. Réunion du Comité de soutien.

Vendredi 14 janvier 2005

Deuxième visite d'un membre de la famille à la prison de Tours. Robert est plus en forme que lors de la première visite.

Mardi 18 janvier 2005

Réunion du Comité de soutien.

Mercredi 19 janvier 2005

Troisième visite d'un membre de la famille à la prison de Tours.

Jeudi 27 janvier 2005

L'avocat commis d'office de la belle soeur de Robert, Maryse, ne daigne pas se présenter lors d'une audiance avec la Juge afin de demander une libérartion. Maryse en reprend d'office pour 4 mois…

Lundi 7 février 2005

L'avocat ayant pris en charge le dossier annonce à Robert et à la famille qu'il ne peut pas s'en occuper pour une question de diponibilité. L'éloignement à Tours, le mauvais départ pris avec le premier avocat (commis d'office), et la complexité du dossier global dans lequel s'intègre le cas de Robert demande énormément de temps, ce dont cet avocat ne dispose pas en ce moment. Un nouvel avocat a été contacté. Il est prêt à étudier le dossier. Nous sommes dans l'attente de la mise en place administrative du changement.
Cette situation est très dure moralement pour Robert : son état psychologique chute de nouveau. Le comitat appelle à intensifier l'envoi de courriers pour l'aider à reprendre pied.

Lundi 21 février 2005

Deux amis de Robert se sont vu refusés leur demande de droit de visite sans aucune forme d'explication par la Juge Houyvet. Voici le texte du courrier :

Madame, Monsieur,


J'ai l'honneur de porter à votre connaissance que le permis de visite que vous avez sollicité pour Robert Arricau-Cassiau est refusé.


Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

Mardi 15 février 2005

Lettre de Robert à son nouvel avocat, lui demandant de prendre en charge son dossier.

Samedi 26 février 2005

Vente de sandwichs au profit de l'action du comité lors d'un bal gascon au Hédas à Pau.

Lundi 7 mars 2005

Interview du comité sur "Radio Pays" de Paris.

Mardi 8 mars 2005

L'avocat a écrit à la juge pour obtenir l'accès au dossier et le droit de visite. Toujours pas de réponse à ce jour. Il comptait rencontrer Robert en fin de semaine, et cela ne sera pas possible.

Mercredi 9 mars 2005

Le Comité diffuse ce communiqué :

COMMUNIQUE DE PRESSE

Robert Arricau : 100 jours de détention ! et ses droits toujours bafoués !

Mercredi 9 mars 2005, cela fait 100 jours que Robert Arricau est emprisonné. 100 jours que ses droits sont bafoués.

100 jours que Robert, suite à de nombreuses péripéties, n'a toujours pas d'avocat officiel. Celui qui doit le défendre attend depuis plusieurs jours l'autorisation de la juge Houyvet d'accéder au dossier et de visiter Robert.

Pourquoi ralentir encore la procédure ?
Est-ce que 100 jours sans défense ne suffisent pas ?

100 jours que Robert est incarcéré, en grande partie à Tours, à 550 kilomètres des siens. Pour le soutenir moralement trois ami-es de Robert ont déposés des demandes de permis de visites. Tous ont été refusés par la juge sans aucune forme d'explications.

Lui refuser le soutien que représentent les visites est inqualifiable et s'intègre à la volonté de la justice de déstabiliser sans cesse Robert.
Est-ce que 100 jours de négation des droits ne suffisent pas ?

Le Comité pour le Respect des Droits de Robert Arricau dénonce cette situation et rappelle ses revendications pour :
- la libération immédiate de Robert, le respect de la présomption d'innocence, le rapprochement dans une prison proche de la famille en cas de maintien en détention, un procès dans des délais raisonnables au sens de la Convention Européenne des Droits de l'Homme, des explications sur les raisons de la rétention d'informations durant les 20 premiers jours.

Le Comité appelle à une manifestation de soutien à Robert le
samedi 26 mars 2005, à 11 heures devant le tribunal de Pau

Vendredi 11 mars 2005

L'avocat a enfin reçu l'autorisation de la juge. Seul problème, le prénom inscrit sur le papier n'est pas celui de Robert, ce qui rend nulle cette autorisation. La procédure repart donc à zéro… La belle sœur de Robert a eu droit aux mêmes genres de "plaisanteries" administratives. Cette accumulation de "coïncidences" est pour le moins douteuse…

Distribution de tracts appelant à la manifestation du 26 mars, lors d'une conférence sur le "non" à la constitution Européenne.

Vendredi 18 mars 2005

Le comité sollicite les organisations syndicales, politiques et associatives locales afin de les inviter à participer à la manifestation du 26 mars, et à soutenir les droits de Robert.

Mardi 22 mars 2005

A ce jour, l'avocat n'a toujours pas pu prendre connaissance du dossier !!! Incroyable, non ? Scandaleux !

Mercredi 30 mars 2005

Intervention auprès de la rédaction de la République des Pyrénées pour faire passer un rectificatif au sujet de l'article concernant la manifestation du 26 mars.

Voici le texte de l'article :

Manifestation d’Anaram Au Patac

Soutien à Robert Arricau

Le Comité de soutien à Robert Arricau organisait une manifestation samedi devant le Palais de justice de Pau. Interpellé le 30 novembre 2004, le militant d’Anaram Au Patac est écroué depuis, dans le cadre d’une enquête liée à son frère : Didier Arricau louait une maison à Salies à deux hauts responsables de l’organisation séparatiste basque ETA.

Ils n’étaient qu’une poignée à avoir répondu à l’appel de son comité de soutien, pour demander « le respect de la présomption d’innocence, le rapprochement dans une prison proche de sa famille en cas de détention, et un procès dans des délais raisonnables au sens de la convention européenne des droits de l’Homme ».

 

Et ci-dessous, la réaction du comité :

A l'attention de la Rédaction de la République des Pyrénées

Rectificatif a l’article paru dans La République des Pyrénées du 29 mars 2005 intitulé « Soutien à Robert Arricau ».

Trois points nécessitant un rectificatif ont été relevés par le Comité de Soutien pour le Respect des Droits de Robert Arricau.

  • Le titre de l’article : « Manifestation d’Anaram Au Patac ». La manifestation du 26 mars passé était organisée par le Comité de Soutien pour le Respect des Droits de Robert Arricau et non par Anaram Au Patac. Le Comité est une entité propre et autonome.
  • « Didier Arricau louait une maison à Salies à deux hauts responsables de l’organisation séparatiste basque ETA ». Très bel exemple de négation de présomption d’innocence qui nous est offert ici, par maladresse nous espérons. Cette phrase sonne comme un jugement alors que l’affaire est toujours en cours et qu’elle n’est donc pas jugé. Le conditionnel est donc de mise, ce qui n’est absolument pas le cas. Aucune allusion non plus au fait que Didier Arricau soit aujourd’hui libre.
  • « ils n’étaient qu’une poignée à avoir répondu…». Curieuse appréciation, alors que le journaliste est parti avant même le début de la manifestation. Dans les faits, une cinquantaine de personnes ont parcourus les rues de Pau pour dénoncer le 117ème jour de détention sans défense de Robert Arricau et la justice d’exception que subit ce dernier. Cette manifestation s’est poursuivi par un repas sur le fronton du Hédas. Le Comité de Soutien pour le Respect des Droits de Robert Arricau estime que Robert subit une situation suffisamment honteuse et douloureuse pour se passer des appréciations du type « ils n’étaient qu’une poignée à avoir répondu…».

Le Comité de Soutien pour le Respect des Droits de Robert Arricau vous demande d’intégrer ces éléments de rectifications dans une prochaine édition.

La mobilisation autour de Robert Arricau continue avec le samedi 23 avril 2005 une ballade familiale en montagne.

Dimanche 3 avril 2005

Prise de parole d'une membre du Comité de Soutien lors du repas populaire d'Anaram Au Patac.

Lundi 4 avril 2005

Robert est passé devant la juge des libertés et détention, et ce en présence de son avocat. La juge Houyvet a demandé, et obtenu, le maintien en détention de Robert. Elle pretexte qu'il lui reste une question a lui poser. Le Comité de soutien dénonce cette situation. Robert est incarcéré depuis quatre mois, la juge Houyvet a donc eu tout le temps nécessaire pour lui poser sa question.

La juge Houyvet veut vérifier le degré d'engagement et les motivations politiques de Robert, car son militantisme est perçu comme un engagement de soutien à l'ETA ; non seulement au nationalisme basque, mais aussi aux militants qui militent de façon violente.

Robert verra au plus tard dans quatre mois la juge des libertés et détention. Toutefois, la juge d'instruction pourra convoquer quand elle le souhaite Robert pour une audition, et donc une possible remise en liberté.

Lundi 18 avril 2005

Robert a reçu la viste de l'un de ses frères. Il parait plus en forme depuis que son nouvel avocat a pris le dossier en main. Il y voit notamment plus clair sur les motivations de cette longue mise en détention.

Cela faisait plus d'un mois qu'il ne recevait plus de courrier, mis à part une ou deux lettres par semaine. La situation s'est débloquée vendredi dernier, avec un arrivage en bloc de 25 lettres.

Mercredi 20 avril 2005

Rencontre entre le comité et le mouvement ATTAC à Pau, pour exposer la situation de Robert.

Vendredi 22 avril 2005

Libération de la belle-soeur de Robert.

A ce jour, les frais d'Avocat se montent à 1650 euros, sans compter les frais du premier Avocat (commis d'office) qui s'élevaient à un peu plus de 1100 euros. Le comité appel au soutien financier pour aider la famille de Robert à faire face à ces dépenses. Consultez la rubrique "pour le soutenir" de ce site pour avoir des informations sur toutes les démarches possibles.

Mercredi 11 mai 2005

La semaine dernière, deux des belles-sœurs ainsi que l'un des frères de Robert sont montés le voir. Ils l'ont trouvé particulièrement affecté par la vie carcérale. Il désire plus que tout que l'affaire avance.

Robert a reçu deux citations à comparaître devant la juge. La première pour le 22 juin et la seconde, pour le 30 juin.

lundi 16 mai 2005

Deux amis de Robert sont convoqués à la P.J. de Bayonne. La question centrale des enquêteurs était : "Avez-vous pris un café avec Robert au festival EHZ en 1999 ?".

Si si, c'était ça la question, sans rire...

Mais un mystère demeure : un ou deux sucres dans le café ?

Mercredi 1 juin 2005

Naissance du Comité de soutien à Paris. Ci-dessous, le communiqué diffusé à cette occasion :

Collectif de soutien à Robert Arricau
Paris

 

Robert Arricau Cassiau est militant d'Anaram au Patac (mouvement de la gauche révolutionnaire occitane) et de plusieurs associations culturelles occitanes béarnaises.

Il a été arrêté le 30 novembre 2004 à son domicile, à Pau. A partir de cette date, sa famille et ses ami(e)s n'ont rien pu savoir de sa situation, malgré leurs très nombreuses recherches (plus d'une centaine d'appels téléphoniques dans toutes les directions possibles). Ils n'ont pu connaître le lieu de sa détention que le 13 décembre 2004, et le motif de son arrestation que le 5 janvier 2005. Jusqu'au 17 décembre 2004, ils n'ont même pas pu savoir si Robert avait pu ou non bénéficier des conseils d'un avocat.

Ce sont les droits élémentaires et la dignité de Robert qui ont été bafoués, et ce de manière volontaire et délibérée.

 

La famille a finalement retrouvé la trace de Robert quatorze jours après son arrestation, à la maison d'arrêt de Tours, soit à plus de 500 kilomètres de chez lui. Seule la persévérance de sa famille a permis de retrouver Robert, la justice ne lui ayant transmis aucune information. A ce jour, ce fait reste inchangé, hormis le fait que le motif d'inculpation est désormais connu : soutien logistique à deux membres (supposés) d'ETA pour l'acquisition d'une location. Selon son avocat, Robert a reconnu avoir transporté deux personnes, mais sans connaître leur éventuelle appartenance à une organisation armée.

Face à ces nombreux dénis de justice, un collectif de soutien à Robert Arricau s'est constitué à Paris, dans le but d'informer et de dénoncer sa situation, et de tout mettre en ouvre pour qu'il soit immédiatement remis en liberté.

 

Dans un premier temps, nous vous invitons à visiter le site Internet du Comité de soutien pour le respect des droits de Robert Arricau de Pau afin de vous faire une idée précise des faits, une chronologie très détaillée y figurant : http://libertat.ta.robert.free.fr/

Nous vous demandons aussi de signer la pétition ci-jointe et de la faire signer autour de vous (soit en l'imprimant et en la renvoyant par voie postale à l'adresse indiquée, soit en répondant à ce courriel en spécifiant vos nom, prénom, profession et adresse), ce qui constitue un moyen simple de soutenir directement Robert tout en faisant prendre connaissance de cette affaire à un maximum de personnes, élargissant ainsi le réseau de soutien.

Dans le contexte actuel de renforcement sécuritaire, ce qui arrive à Robert pourrait arriver à beaucoup de monde. Ainsi, le soutenir c'est s'élever contre de tels procédés et c'est refuser qu'il ne tombe dans l'oubli, ce qui arrangerait bien le pouvoir qui aurait alors les mains libres pour poursuivre en toute impunité son ouvre de destruction sociale, morale, psychologique, humaine., à l'encontre de Robert, une pratique dont nous savons à quel point l'Etat est expert.

 

Pour nous contacter : liberte.pour.robert@no-log.org

 

Pour tout soutien financier, les dons sont à envoyer à l'ordre de « ISO - Solidaritat » à l'adresse suivante :

Comitat de sostien tau respect deus drets de Robert Arricau

c/o La Tor deu Borrèu

2 còsta de la Hont

Hédas - 64000 Pau

 

Une campagne de virements mensuels est également en cours de lancement. Pour plus d'informations, s'adresser au Comité de Pau.

Samedi 4 juin 2005

Table d'information du Comité de Paris lors d'un concert du RASH (Red and Anarchist Skins Heads - Skins antifascistes, vaut mieux le préciser... :) ).

Mercredi 22 juin 2005

Premier passage de Robert devant la juge.

Jeudi 30 juin 2005

Réunion publique d'information organisée par le collectif de soutien de Paris.

Mercredi 04 août 2005

Devant la porte de la prison de Tours, un des frères de Robert apprend que ce dernier a été emmené à Paris et qu'il ne sera donc pas possible de le voir car il ne sera pas rentré à temps pour le dernier parloir. Il ne sera pas non plus possible de le voir le vendredi suivant car les parloirs doivent être réservés deux jours à l'avance, en matinée. Rappelons que pour visiter Robert, sa famille, basée en Béarn, doit faire plus de 1000 km aller-retour !

De plus, l'avocat de Robert n'a pu l'assister devant le juge de la liberté, son secrétariat ne l'ayant pas prévenu. Maître ETELIN a pu envoyer un mémo (argumentaire) au juge de la détention et de la liberté. Il ira le visiter entre le 20 et le 30 août.

Dimanche 25 septembre 2005

Communiqué de presse du comité

300en jorn sens Robert Arricau

Lo comitat de sosten pels dreits de Robert Arricau venèm de festejar un triste aniversari. Fa tres cents jorns que Robert es ara encarcerat, sens l’ombra d’un esper d’aver un jutjament dins de delais convenables coma o ditz una convencion europèa.

Sa detencion preventiva dura e perdura, sus un dossièr que non sembla pas d’avançar. Pr’aquò las causas poirián anar melhor. Rai la justícia poiriá aver mai de mejans, per tractar los dossièrs mai rapidament. Mas sustot res empacha pas l’instruccion del dossièr amb Robert Arricau liberat. Sa detencion preventiva es una opcion non obligatòria e lo meteis trabalh d’instruccion poiriá èsser fait amb Robèrt prèp de sos pròches e de sa familha.

Sens se prononciar sul fons del dossièr, qu’ignoram quasi tot de son contengut, volèm simplament rampelar qu’en l’abscéncia de jutjament avent provat lo contrari, Robert Arricau es potencialament totalament innocent. En lo mantenent en detencion provisòria amb un dossièr que non avança pas, la justícia pren lo risque de condemnar un innocent a la prison preventiva per de longas annadas.

Demandam lo respècte dels dreits de Robert e donc sa liberacion en esperant lo procès.

300ème jour sans Robert Arricau

Le comité de soutien pour les droits de Robert Arricau vient de fêter un triste anniversaire. Cela fait trois cent jours que Robert est incarcéré, sans le moindre espoir d’avoir un jugement dans des délais convenables comme il l’est spécifié par la convention européenne.

Sa détention préventive dure et perdure, avec un dossier qui ne semble pas avancer. Pour cela les choses pourraient. C’est vrai que la justice pourrait avoir plus de moyens, pour traiter les dossiers plus rapidement. Mais surtout rien n’empêche l’instruction du dossier avec Robert Arricau libéré. Sa détention préventive est une option non obligatoire et le même travail d’instruction pourrait être fait avec Robert près de ses proches et de sa famille.

Sans se prononcer sur le fond du dossier - nous ignorons presque tout de son contenu - nous voulons simplement rappeler qu’en l’absence de jugement ayant prouvé le contraire, Robert Arricau est potentiellement totalement innocent. En le maintenant en détention provisoire avec un dossier qui n’avance pas, le justice prend le risque de condamner un innocent à la prison préventive pour de longues années.

Nous demandons le respect des droits de Robert et donc sa libération en attendant le procès.

Vendredi 07 octobre 2005

Une quarantaine de personnes ont participé à la soirée de soutien pour Robert, organisée le 7 octobre à 20h30 au complexe de la république à Pau. Dans un premier temps, le comité a rappelé la chronologie des événements: arrestations, 13 jours sans nouvelles de Robert, organisation de son soutien, manifestations,…. De plus, le comité a rappelé le pourquoi de sa mise en place, son fonctionnement, un point sur les finances (qui ne sont pas des meilleures).

[Téléchargez un résumé de l'intervention du comité en cliquant ici]

Dans un deuxième temps, l'avocat de Robert, Maître Etelin, a fait un point de la situation et a annoncé que Robert sera convoqué le 08 novembre devant la juge. Nous rappelons que le 30 novembre sera la date d'un triste anniversaire: celui de l'arrestation de Robert. Un an de détention, loin de ses proches. Enfin, beaucoup de questions sont posées par les personnes présentes qui restent stupéfait(e)s d'une durée si longue de détention pour un motif qui s'apparente à la tradition d'accueil. (un compte rendu complet sera disponible sur le site dans les meilleurs délais).

Pour finir, nous rappelons que les frais engagés (avocat, mandats, déplacement de la famille…) sont très, très lourds,(Au jour du 05/10/05, environ 8 800 € ont été récoltés et 8 600 € dépensés) et que Robert a encore besoin de notre solidarité. Nous en appelons donc encore à votre soutien financier et à toutes initiatives de Solidarité. Enfin, nous vous rappelons que des cartes postales, des autocollants et la pétition sont toujours disponibles.

Samedi 22 octobre 2005

Des membres du comité de soutien ont participé à la manifestation "Anem !" pour la promotion de langue occitane à Carcassonne, pour informer de la situation de Robert. Plus de 10000 personnes étaient présentes.

Vendredi 4 novembre 2005

Soirée "chataîgne grillée", organisée par le comité de Pau pour participer au soutien financier de Robert. Elle a réuni une vingtaine de personnes.

Le comité de soutien regrette le manque de mobilisation autour de cette soirée. Rappelons que tous les fonds récoltés servent pour le soutien à Robert Arricau : frais d'avocat, mandat, visites de la famille. Il en a particulièrement besoin en ce moment.

Mardi 8 novembre 2005

La juge a refusé de libérer Robert lors de l'audience.

Jeudi 17 novembre 2005

La mère de Robert reçoit une lettre de son fils, postée depuis la maison d'arrêt de Montauban. Il y indique son transfert et son changement d'adresse :

Robert Arricau Cassiau
N° d'écrou 11367
Maison d'Arrêt de Montauban
250 av beau soleil
82033 Montauban cedex

Vendredi 18 novembre 2005

Robert fête ses 35 ans… en prison.

Bon anniversaire Robert. Puisses-tu le fêter en famille et/ou entouré de tes ami(e)s l'année prochaine.

A tous ceux qui souhaitent lui faire un petit signe à cette occasion (juste un "joyeux anniversaire Robert !!!", par exemple, mais il existe bien d'autres formules, comme "bon anniversari Robèrt !!!" ou "anniversaire joyeux Robert !!!"), le comité de soutien vous rappelle qu'il tient à votre disposition des cartes postales avec adresse pré-remplie pour 1,50 euros (cf. plus bas).

C'est un petit geste, mais à beaucoup ça représente un sacré soutien moral.

Mardi 29 novembre 2005

Le comité de soutien Pau tenait une conférence de presse pour annoncer la manifestation du samedi 3 décembre.

Il a été précisé que l'instruction de l'affaire pourrait se poursuivre malgré la libération de Robert. La détention préventive est une condamnation sans aucun jugement. Dans le cas de Robert Arricau, elle est totalement injuste et injustifiée. C'est aussi une double peine, car la famille est également punie. Pourquoi est-il resté un an si loin de chez lui ?

C'est la justice "d'exception" qui induit de telles disproportions dans l'avancement de l'instruction. Mais, malheureusement, cette justice "d'exception" devient de moins en moins exceptionnelle. Si les choses continuent dans ce sens, elle sera bientôt la règle.

Mercredi 30 novembre 2005

Un anniversaire d'un autre genre, bien plus triste : cela fait maintenant 1 an que Robert est en prison.

Ne nous laissons pas habituer à cette situation ! Il y plus d'un an, Robert était auprès de sa famille, de ses ami(e)s et des associations auxquelles il participait. Restons mobilisés !

Samedi 3 décembre 2005

Manifestation organisée par le comité contre la situation inacceptable qu'endure Robert depuis plus d'un an. Cela s'est traduit par une marche, qui a conduit le cortège du palais de justice à la préfecture, ponctuée par des prises de paroles.

Les journalistes de France 3 étaient présents et ont réalisé un reportage qui est passé le soir même à l'édition du 19/20 Aquitaine.

lundi 12 décembre 2005

Libération de Jean François Lefort.

Ci-dessous la retranscription de son interview réalisé par Yves Pédegert, mi décembre 2005 pour Radio País. La retranscription a été faite par la rédaction de Har Far, journal d'Anaram Au Patac pour son numéro 35. Il en est de même pour le chapeau de l'entretien. Le Comitat de Sostien tient à remercier YP de Radio País et la rédaction de Har Far pour leurs autorisations.

(Radio Pais : www.radio-pais.com / Har Far : harfar@anaram.org)

Incarcéré depuis décembre 2004, Lof est sorti de prison et nous nous en réjouissons. Sa détention, qui aura durée un an, nous concerne directement car elle est liée à celle survenue quelques semaines auparavant, d'un militant d'AAP : Robert Arricau.

Nous avions, à l'époque, tenu à insérer un encart dans har/far n°31 sur son état "fragilisé" au sortir de sa garde à vue, état sur lequel la cellule anti-terroriste a pu "surfer" à foison pour incarcérer Jean-François Lefort dit "lof" responsable d'Askatasuna (association de soutien aux prisonniers politiques basques et à leurs familles) et mettre en difficultés l'ensemble de l'infrastructure.

Lof, interrogé par Yves Pédegert pour Radio País , donne une analyse politique de cette affaire.

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Yves Pédegert, journaliste à Radio País : On a dit quand vous avez été incarcéré, que c'était suivant des déclarations de Robert Arricau, le militant d'Anaram Au Patac. Vous l'avez su comme ça, vous aussi ?

Lof : C'est effectivement sur ses déclarations, imposées d'ailleurs par la police (je n'ai aucun doute sur ça). Robert est revenu rapidement sur ces déclarations qu'il a faites sous la pression policière ; mais, comme je le disais, si cela n'avait pas été là, ça aurait été ailleurs, car l'important dans cette opération et la vraie raison, c'était la volonté de l'Etat français de s'attaquer à la solidarité avec les prisonniers politiques basques. Pour preuve, Robert est revenu rapidement sur ses déclarations, ça ne m'a pas empêché de faire un an de prison !

Y. P. : on sait qu'Anaram Au Patac soutient l'action en faveur des prisonniers basques, est-ce qu'on peut imaginer que c'était aussi une façon de diviser ?

Lof : On a en face de nous un Etat, des Juges antiterroristes qui ont tout pouvoir, et en a en face de nous une police qui voit au quotidien ses pouvoirs renforcés. Donc, tout est fait pour mettre sous silence une résistance, en Pays Basque, ou dans d'autres pays, comme cela peut être aussi en Occitanie. L'Etat ne rechigne sur aucun moyen à utiliser pour arriver à ses fins et on voit, lorsqu'on y est confronté, ce que la section antiterroriste est capable de mettre en place comme manipulation pour arriver à ses fins.

Y. P. : quand on voit que nous sommes en plein procès à Madrid 18/98 et que vous étes libéré, cela peut surprendre ?

Lof : Bien sur, mais il n'y a pas de lecture juridique à faire sur la situation, elle est politique. Alors, pourquoi suis-je libéré aujourd'hui, je n'ai pas d'explications. Les éléments sont les mêmes depuis le premier jour. La police, la justice, les juges antiterroristes savaient très bien que les accusations à mon encontre étaient fausses, donc comment expliquer ma libération actuelle, je n'en ai aucune idée. Ce que je sais, c'est que pour l'instant je suis dehors, qu'une commission rogatoire a été ouverte contre Askatasuna de manière officielle par la France et par l'Espagne pour nos activités ici. Donc, cet ensemble-là est encore en activité et il faut donc qu'on fasse preuve de force et de détermination pour continuer à mettre en place notre travail.

Y. P. : vous êtes libre, mais on sait que c'est dans l'attente du procès, cela veut dire que vous avez des astreintes ?

Lof : En effet, je ne peux pas quitter le département des Pyrénées-Atlantiques, je dois aller signer toutes les semaines à la P. J. de Bayonne et j'ai une douzaine de personnes avec qui je ne peux pas communiquer.

Y. P. : mais cela ne vous empêche pas de communiquer en tout cas médiatiquement ?

Lof : Non ! et même s'ils me l'avaient interdit, je l'aurais fait quand même, car il est hors de question que l'on accepte quelque conditions que ce soit à nos activités politiques.

Y. P. : je pense par exemple à J. M. Rouillan, prisonnier d'action directe, qui devrait sortir de prison, lui, parce qu'il a fait son temps et à qui on dit "si vous voulez sortir, il faut vous repentir, il faut indemniser les victimes, etc." Vous, on ne vous a pas fait ce genre de chantage ?

Lof : Non, pas personnellement, mais ce sont des propos que l'on tient régulièrement aux prisonniers politiques. Et nous voyions également en Espagne tout ce qui a été fait pour réduire les possibilités de libération avant la fin de peine pour les prisonniers politiques basques et on a le cas flagrant de Philippe Bidart, qui lui est incarcéré à Clairvaux et qui devrait Ítre dehors, puisqu'il a droit à la liberté conditionnelle et elle lui a été refusée.

Y. P. : les fêtes cette années se feront dans de meilleures conditions pour vous que l'année passée, puisque vous étes sorti, mais le résultat est toujours le même, il faut toujours combattre ?

Lof : C'est certain, cela va être plus agréable comme Noël, bien que ce soit très, très dur d'abandonner des camarades de lutte à l'intérieur des prison. Effectivement, le pincement au cœur, il est dans les deux sens : en étant incarcéré, de ne pas passer Noël en famille et en étant libre, en laissant les copains en prison. Effectivement, on sait que tout ce qui a été obtenu ces dernières années, que ce soit dans un combat comme la lutte de libération du peuple basque, ou dans la mise en place de droits sociaux, cela à été la conséquence de la lutte et du combat. Et effectivement, au moment où la répression se fait plus forte en Pays Basque et alors que la société est en train de dériver avec la mise en place de mesures sécuritaires pour faire face à des problèmes sociaux, il n'y a que la lutte qui pourra influer sur cette dérive.

Y. P. : est-ce que justement, de par de cette dérive violente, il n'y a pas un risque de radicalité, pas seulement de votre part, mais des basques de façon plus générale ?

Lof : Non, car il faut rappeler qu'il y a un an, en novembre 2OO4, la gauche abertzalée avait fait une proposition, la proposition d'Anoeta, qui avait pour objectif d'amener à un schéma possible à la résolution du conflit. Cette dynamique continue, c'est la priorité de toute la gauche indépendantiste. E.T.A. lui même a fait des déclarations pour soutenir cette dynamique et a fermé par exemple le front des responsables politiques, pour permettre justement à cette dynamique-là de se mettre en place. Il ne fait aucun doute donc que la priorité de la gauche abertzale est de mettre en place un tel processus. Cependant, on se rend compte que la France nie son implication directe dans ce conflit, malgré qu'il soit une évidence qu'elle est directement impliquée et qu'elle est même à la base de l'existence de ce conflit. Ce qu'il va donc falloir que l'on fasse, c'est renforcer notre pression, notre dynamique, envers l'Etat français.

Mardi 3 janvier 2006

Communiqué de presse du comité.

Los votz 2006 deu comitat de sostien tau respect deus drets de robert arricau.

En aqueste començar d’annada, cadun qu’i va deus sons votz. Qu’ei lo cas tanben tau Comitat de Sostien tau Respect deus Drets de Robert Arricau. Que desiram ua bona annada… de solidaritat a tot(a)s lo(a)s qui’u sostienen. Que’vs brembam que lo 30 de noveme de 2005, lo noste camarade Robert Arricau que « hestejava » lo son an d’incarceracion, dens las presons de l’estat francés, e aquò shens l’ombra d’un procès.

Lo 6 de deceme passat, au parat d’ua auta audicion dabans lo jutje de las detencions e de las libertats, la demanda de remesa en libertat de Robert qu’estó un còp mei refusada. Que serà donc mantiengut en detencion entà motius qui’ns pareishen non pas fondats e ridicules :

  • La darrèra confrontacion dabans la jutja non pas concluanta ; qu’ei a díser qui ne va pas dens lo sens desirat de la jutja ?
  • La seguretat de Robert : segon la jutja, Robert que poderé estar en dangèr si sortiva ; que notam qu’arrés ne miacè a Robert e que lo vertadèr dangèr que demora dens los domaus seguida a l’incarceracion.
  • Lo militantisme de Robert dens ua organizacion politica de la quau lo nom averé ua conotacion violenta, a saber « patac ». Au delà deu ridicule de l’argument, que ns’interrogam sus l’utilisacion per cèrtas organzacions de mots tau que : Revolucionaris, Comunistas, Anarquistas, Castanhas,… qui poderén miar doman en preson ?

Aquesta situacion que perhemeish uei…

Lo Comitat de Sostien de Robert que denoncia l’ahuecament de l’estat francés sus un òmi qui ne representa pas briga ua miaça entà la nosta societat e qui ei presumit inoncent. Aquera situacion n’ei pas digna d’un estat autoproclamat de drets, qui’s targa d’estar lo brèç deus drets de l’òmi !

Lo noste votz entà 2006 qu’ei que i aja ua justícia : qu’exigim la liberacion imediata deu noste camarada e la tienguda d’un procès dens delais deus mei bracs, atau com ac proconisa la convencion europenca deus drets de l’òmi. Que n’aperam cadua e cadun a estar vigilent(a)s a las derivas de l’estat francés, de cap tà l’installacion permanenta d’ua justícia d’excepcion : los procès deus (de las) licean(a)s a la prima, l’intervencion deu g.i.g.n. contra los marins de la SNCM, l’estat d’urgéncia dens los barris populars…

Que v’informam que lo Comitat de Sostien a Robert Arricau que perseguirà las soas accions de solidaritat tant que lo noste camarade e demorarà incarcerat.

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Les vœux 2006 du comitat de sostien tau respect deus drets de robert arricau.

En ce début d’année, chacun y va de ses vœux. Il en est de même pour le Comitat de Sostien tau Respect deus Drets de Robert Arricau. Nous souhaitons une bonne année… de liberté à Robert et une bonne année… de solidarité à ceux et celles qui le soutiennent. Nous vous rappelons que le 30 novembre 2005, notre camarade Robert Arricau « fétait » ses un an d’incarcération, dans les geôles de l’état français, et ce sans l’ombre d’un procès.


Le 06 décembre dernier, lors d’une nouvelle audition devant le juge des détentions et des Libertés, la demande de remise en liberté de Robert a été une nouvelle fois refusée. Il sera donc maintenu en détention pour des motifs nous paraissant infondés et ridicules :

  • La dernière confrontation devant la juge non concluante ; est ce à dire n’allant pas dans le sens souhaitée de la juge ?
  • La sécurité de Robert : selon la juge, Robert pourrait être en danger s’il sortait ; nous notons que personne n’a menacé Robert et que le vrai danger reste les dégâts causés par l’incarcération.
  • Le militantisme de Robert dans une organisation politique dont le nom aurait une conotation violente, à savoir « patac ». Au dela du ridicule de l’argument, nous nous interrogeons quant à l’utilisation par certaines organisations de mots tels que : Révolutionnaire, Communistes, Anarchistes, Castanhas,… qui pourront demain conduire en prison ?

Cette situation perdure aujourd’hui…

Le comité de soutien de Robert dénonce l’acharnement de l’état français sur un homme qui ne représente en rien une menace pour la société et qui est présumé innocent. Cette situation n’est pas digne d’un état autoproclamé de droits, qui se targue d’être le berceau des droits de l’Homme !

Notre vœu pour 2006 c’est qu’il y ait justice : nous exigeons la libération immédiate de notre camarade et la tenue d’un procès dans les plus brefs délais, comme le préconise la convention européenne des droits de l’Homme. Nous en appelons chacune et chacun a être vigilant(e)s quant aux dérives de la l’état français, vers l’instauration permanente d’une justice d’exeption : Les procès des lycéen(ne)s au printemps, l’intervention du g.i.g.n contre les marins de la SNCM, l’état d’urgence dans les quartiers populaires…

Nous vous informons que le comité de soutien à Robert Arricau continuera ses actions de solidarité tant que notre camarade restera incarcéré.

Mercredi 11 janvier 2006

Passage de Robert devant la Juge Houyvet. Elle refuse une fois de plus la remise en liberté. Une nouvelle confrontation aura lieu le 13 février 2006.

Vendredi 13 janvier 2006

Lettre de Robert qui souhaite la bonne année au Comité et à toutes les personnes qui ont apporté leur soutien. Il remercie tout le monde, tout en espèrant ne plus en avoir besoin le plus rapidement possible.

Mardi 17 janvier 2006

Robert signale qu'il ne reçoit plus la Setmana (hebdomadaire en occitan). Il semble que le blocage ne provienne pas de la prison de Montauban.

Vendredi 10 février 2006

Libération de Peio Serbielle.

Vendredi 17 février 2006

Confrontation de Robert avec Jean françois Lefort "Lof" devant la juge Houyvet. Robert revient sur les déclarations obtenus en garde à vue et dénonce les pressions policières sous lesquelles elles ont été faites. De plus une incohérence du dossier a été soulevé. Robert aurait rencontré Mikel Albisu au festival d'Euskal Herria Zuzenean et de là l'aurait présenté à son frère et sa belle soeur. Le festival se déroule début juillet, or Mikel Albisu, sa compagne et leur petit garçon, louaient le logement de Salies de Béarn depuis le mois de juin. A la sortie de la confrontation, Jean françois Lefort repart libre.

Dimanche 19 février 2006

Garburada à Pau, plus de 80 personnes présentes.

Lundi 20 février 2006

Mongetada a Tolosa, première action du Comité de soutien Toulousain.

Vendredi 3 mars 2006

Le juge des détentions et libertés a une nouvelle fois refusé la libération de Robert.

Jeudi 13 avril 2006

Conférence de presse d'annonce de la manif du 22 avril avec le Comitat, Peio Serbielle, un représentant du Comité de soutien à Peio Serbielle, un représentant d'Asktasuna et une représentante de l'OIP (Observatoire International des Prisons). Le soir, à Pau, la soirée publique sur la prison, avec les mêmes intervenant-es a réunis 70 personnes.

Samedi 22 avril 2006

Environ 120 personnes ont répondu à l'appel lancé par le comitat pour manifester à Pau leur soutien et leur souhait de voir Robert sortir de prison. Les médias ont également répondu présent : articles dans la presse (Sud-Ouest et la République de Pyrénées), interview sur France-Bleue Béarn, appels lancés et reportages par Ràdio País et une page entière dans la Setmana.

Communiqué du Comitat

Robert a été arrêté le 30 novembre 2004, dans le cadre d’une affaire liée au conflit basque. Il ne lui est reproché que d’avoir mis en relation un couple, qui sera accusé de faire partie d’ETA, avec 2 membres de sa famille pour la location d’un logement. Aucune arme, aucun document, aucun explosif n’a été retrouvé en sa possession ; pourtant, la justice de l’état français considère que 1 an et 5 mois d’emprisonnement arbitraire ne suffisent pas !

Ses 6 demandes de remise en Liberté ont été refusées sous des prétextes que nous considérons comme absurdes et malhonnêtes :

  • Primo, la juge Houyvet affirme que Robert ne serait pas en sécurité s’il sortait ; nous affirmons qu’aucune menace n’a été proféré envers notre camarade, et que la plus grande insécurité réside en son enfermement.
  • Segundo, Robert milite dans un mouvement dont le nom a une connotation violente, à savoir Patac ; Argument très léger, surtout qu'Anaram Au Patac et aucun de ses militants n'ont jamais été condamnés dans le cadre d'actes de violence !
  • Troisièmement, Robert n’aurait pas fourni les réponses satisfaisantes ; Est-ce à dire qu’il ne sortira que lorsqu’il aura déclaré ce que la juge veut entendre ?

Cette situation est inacceptable !

 

Mais La situation de Robert n’est pas unique et elle s’inscrit dans un contexte politique général d’injustice sociale et de répression. L’état français qui se targue d’être un état de droit passe outre la présomption d’innocence pour enfermer qui bon lui semble ! Sur les 60 000 prisonnier(e)s, ce sont 20 000 qui le sont en détention préventive, c’est à dire qu’ils et elles attendent d’être jugé(e)s à l’ombre des barreaux. De 2001 à 2003, l’état a augmenté le budget de la répression de 185% alors qu’il baissait de 46% celui de la réinsertion. De plus, la privatisation des prisons est en marche.

Après le procès d’Outreau, les incohérences du système judiciaire de l’état français ont été mis à jour, une commission d’enquête a enquêté, et puis,… et puis rien.

La présomption d’innocence n’est toujours pas respectée dans ce pays qui se dit berceau des droits de l’Homme.

 

Nous affirmons que ça suffit ! Nous exigeons que Robert soit remis en liberté et ce dès aujourd’hui ! Il est grand temps que cette parodie de justice cesse et que Robert retrouve les siens !

 

Pour finir, nous appelons chacune et chacun à faire passer l’infos, à écrire aux médias, à la juge Houyvet, au gouvernement,… à dénoncer cette situation inacceptable.

Enfin, nous vous en appelons aussi à la solidarité financière, afin d’aider Robert pour sa défense.

Libertat tà Robèrt !

Vendredi 23 juin 2006

Après 571 jours de détention sans procès, Robert Arricau est libéré.